vendredi 7 mars 2014

La culpabilité

Je n'aime pas conduire.

On m'a répété 1000 fois: "Attends, ça va venir"

Mais ça vient pas!

Je dois dire que j'étais bien en hibernation, jusqu'à ce que je me réveille et qu'elle se pointe le bout du nez: La culpabilité! Elle m'a rabrouée d'insultes de toutes sortes. C'était très varié, elle a de l'imagination!

Or, s'il y a une chose que j'ai en grande quantité, c'est de l'orgueil. Ça peut parfois être un défaut, mais contre la culpabilité, ça fait des miracles.

Hier encore, la culpabilité me rongeait de l'intérieur. C'est en sortant du restaurant avec Zamoureux que l'orgueil a décidé de se pointer: "Ah ouin?! Tu penses que je suis lâche? Look and learn ma belle!" J'ai tendue la main à Zamoureux qui, surpris, m'a donné les clés de la minivan.

On était dans un stationnement et je devais reculer. La culpabilité était morte de rire, ça faisait une éternité que je n'avais pas pratiqué. La dernière fois, c'était juste avant mon hibernation et j'étais tellement nerveuse que j'ai confondu les pédales. De toute beauté! La honte était venue me rendre visite cette fois-là d'ailleurs.

Mais hier, la culpabilité n'avait pas prévu le conseil que m'a prodigué l'orgueil: "Ok on respire la grande. Rien ne presse, tu vas sortir de ce stationnement comme une championne. Occupe-toi pas d'elle!" Le tout en en lançant une grimace postillonnante à la culpabilité qui gloussait sur la banquette arrière.

J'ai donc repris confiance et, grâce aux instructions patientes de Zamoureux, je suis sortie du stationnement sans rien accrocher et en utilisant la bonne pédale au bon moment. Dans tes dents la culpabilité!

Encore fallait-il rentrer à la maison. Techniquement, j'étais dans mon quartier, il n'y avait pas de quoi paniquer. Mais j'ai paniqué. J'ai cherché rapidement comment éviter le premier boulevard sur mon chemin. Ça été plutôt simple. C'est à ce moment que la culpabilité m'a tapé sur l'épaule en ricanant, ce à quoi l'orgueil a répliqué en grognant. Sentant que ça allait mal finir, je me suis arrêté au 2e boulevard sur mon chemin avec une décision à prendre. Je pouvais l'éviter, mais je pouvais aussi tourner et l'emprunter en faisant un pied de nez à la culpabilité qui se bidonnait toujours. C'est à ce moment précis que l'orgueil a choisi de s'asseoir de tout son poids sur la culpabilité qui, soudainement, ne rigolait plus du tout. Confiante, j'ai donc pris le boulevard en respectant les priorités de passage sans que rien de tragique n'arrive. Puis j'ai filé jusqu'à la maison avec la fierté à mes côtés qui faisait un "high-five" avec l'orgueil.

Lorsque je me suis stationnée, j'ai respiré un grand coup. Je n'aime toujours pas conduire, mais j'ai conduit. Ça été laborieux, j'en conviens, mais j'ai conduit. En attendant que le plaisir de conduire arrive, ça sera toujours ça de pris.


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